A bien observer tous les gens, leur doutes, leurs chemins de croix, leurs mesquineries, leur dos qui se voûte, je ne sais pas ce que je
fous là.
Si je regarde ma femme et puis mon fils qui grandit, jusqu’à ma fille avec ses premières dents, je me demande ce que j’ai fait
là.
Ma bannière, ma peine, mon combat, c’est de vivre avec l’enfance enfuie et d’assumer d’avoir lancé, mes enfants dans le
maquis.
Quand je nageais vers le soleil, qui mettait du temps à se coucher, je n’avais rien d’autre en tête, que mes bouts de doigts qui se
fripaient.
J’aime vraiment mon tas de compost, tout ce qui pourrit au fond de mon jardin, j’y mets des épluchures, les restes, de tout ce que nous
ne voulons plus.
Le temps fait de la terre dans laquelle, si j’ai le courage je mettrais, l’espoir de ces fleurs qui se dessécheront ou même gèleront
l’hiver prochain.
Ce que j’aime surtout dans mon compost, c’est de me dire qu’une fois pourri, oublié et bien sûr détruit, ce que je nie sera le lit
d’autres beautés.
Dans mon jardin, il y a un palmier, acheté en solde à Auchan, vraiment malingre et tout chétif, il se demande ce qu’il fout là. Moi,
quand je le regarde je ne vois, que les palmiers de la promenade sur le port, ceux-là même qui sont si fiers, d’avoir résisté à l’ouragan, dont les photos sont au Bar Bahia. Le petit palmier de
mon jardin, pousse doucement, me fait du bien, s’il savait, l’innocent, que je l’ai planté pour mes souvenirs malsains.
et j'aime qu'on me le dise